Les consommateurs éprouvent une sensibilité particulière envers les prix et leurs variations. Bien souvent ils ont l’impression qu’ils augmentent, alors que selon les chiffres des instituts officiels tels que l’Insee ou Nielsen ils sont en baisse. Pour comprendre la formation d’un prix, il est nécessaire de prendre en compte tout ce qui se passe avant la commercialisation d’un produit et considérer l’ensemble des acteurs.
Avant d’arriver dans les rayons, un produit subit plusieurs transformations, effectuées par différents acteurs qu’il faut rémunérer. A l’origine le producteur vend son produit à l’industriel, qui le revend conditionné au distributeur qui le vend aux consommateurs. Chaque acteur prend donc une part sur le prix final afin de couvrir ses charges. Prenons l’exemple de la filière porcine (chiffres DGCCRF : observatoire des prix et des marges).
En juillet 2010, pour un kg de viande de porc acheté par le consommateur :
- 33,5 % revient à l’éleveur
- 8,9 % revient à l’abatteur/découpeur
- 40,7 % revient au distributeur
- 18,5 % revient à l’état sous forme de TVA.
De prime abord, la marge de la distribution peut sembler importante mais il faut savoir que le secteur supporte un ensemble de charges qui réduit considérablement cette part :
- 72% pour le prix d’achat
- 1.5% pour la casse et la démarque
- 6.2% pour le transport et la livraison
- 9% pour les frais de personnel
- 8% pour les frais généraux
Une fois ces coûts déduits, le résultat net est de 3,3 %, hors TVA.
La réalité des prix n’est pas celle du ressentiment des consommateurs. Le dernier rapport de l’Observatoire des prix et des marges indique : « Au mois de septembre 2010, on constate, au regard des indicateurs considérés, une baisse des prix des produits de grande consommation (PGC) dans la grande distribution. Ce qui constitue le 4ème mois consécutif de baisse des prix en glissement annuel. »
En septembre, d’après les indicateurs communiqués par la société IRI d’évolution des prix dits « de la demande », qui mesurent la variation des prix des PGC dans la grande distribution sur la base des produits effectivement achetés, les prix sont en baisse sur un mois (-0,25 %) et continuent de baisser sur un an (-0,76 %).
En septembre, d’après l’indicateur d’ensemble « Nielsen-LSA » d’évolution des prix dits « de l’offre » qui mesure, sur un an, l’évolution des prix des PGC dans la grande distribution sur la base des produits présents en rayons, les prix accentuent leur baisse (-0,85 % en septembre contre –0.62 % le mois précédent) .
En septembre, d’après l’indice mensuel de l’INSEE des prix des PGC dans la grande distribution (hypermarchés et supermarchés de la métropole), les prix baissent de 0,2 % en septembre par rapport au mois précédent et continuent de baisser sur un an (-0,6 % ce mois-ci).
Avec la flambée du cours du blé (+ 65 % entre juillet et septembre 2010), conséquence directe de la sécheresse en Russie, s’en suit un effet de cascade dans le secteur agricole. Les plus pénalisés sont les éleveurs de volailles et de porcs qui nourrissent principalement les bêtes à base de céréales. L’alimentation représente 60 % à 80 % des charges des agriculteurs et pour pouvoir compenser cette hausse de frais, les éleveurs seront dans l’obligation de vendre leurs produits plus chers.
A découvrir à ce sujet le témoignage de Fabien Leroux, éleveur de porc de la Somme.
La répercussion de la hausse des prix des matières premières sur le prix final pour le consommateur est à relativiser. En effet, la part des matières premières dans certains produits transformés ne représente souvent qu’une infime partie de celui-ci et donc une augmentation de coût très minime.
La Fédération des entreprises du Commerce et de la Distribution (FCD) a indiqué que les enseignes de la distribution, lors des négociations commerciales avec les industriels, accepteront des hausses de prix uniquement lorsque celles-ci seront justifiées par une hausse des revenus des producteurs : « La volatilité des cours dans le secteur agricole ne doit pas servir de prétexte à des augmentations généralisées. Nous observerons ce qui revient vraiment aux agriculteurs. D’accord pour répercuter la hausse du prix afin d’aider les éleveurs. Pas d’accord pour financer les grands fabricants de produits transformés. » a déclaré Jérôme Bédier, président de la FCD.
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- L’interview de Fabien Leroux, éleveur dans la Somme
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Depuis plusieurs années, la filière porcine française souffre de distorsions de concurrence au niveau européen. A cela vient s’ajouter depuis quelques mois une augmentation des coûts de production que la stabilité des prix de vente ne permet pas de compenser… les éleveurs sont pris dans un étaux dont ils peinent à sortir.
Fabien Leroux, éleveur de porc dans la Somme, nous raconte son quotidien et nous explique son point de vue sur la situation actuelle.
Des différences de prix d’un jour à l’autre sur un même produit peuvent effectivement être constatées en magasin. Il peut s’agir d’une promotion qui se termine, ce qui signifie que dès le lendemain le produit concerné reprendra son prix « normal ». Il faut également savoir que les cours des fruits et légumes ne sont jamais fixes. Ils varient chaque semaine en fonction de l’offre et de la demande. Ainsi si l’offre est inférieure à la demande, les prix augmenteront d’une semaine à l’autre.
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